
Yvon Lambert et Ève Lambert ont le plaisir de vous présenter l'exposition
NOBUYOSHI ARAKI
INSTANTS
Exposition du 6 mars au 12 avril 2026
Les Polaroids occupent une place essentielle dans la pratique d’Araki. Par leur immédiateté et leur matérialité, ils renforcent la dimension directe et quotidienne de son travail, tout en inscrivant chaque image dans un vaste ensemble de séries.
L’exposition présentée chez Yvon Lambert réunit une sélection de Polaroids réalisés entre 2006 et 2016. Elle couvre dix années de production et en souligne la cohérence formelle et thématique. Le corps féminin en constitue le point central, en dialogue avec des motifs naturels - fleurs, insectes, éléments organiques - qui traversent l’ensemble de son œuvre.
Cette sélection met en évidence une continuité dans les sujets abordés et dans la méthode employée. La répétition y fonctionne comme un principe de travail : revenir aux mêmes motifs permet d’en explorer les variations et d’en affirmer la présence au fil des années. Les Polaroids, par leur format intime et leur frontalité, condensent cette approche, entre proximité, intensité et continuité.
NOBUYOSHI ARAKI
Nobuyoshi Araki (né en 1940 à Tokyo) est l’une des figures majeures de la photographie japonaise contemporaine et de l’après-guerre. Depuis les années 1960, il développe une œuvre abondante qui articule intimité, érotisme, deuil et observation de la ville de Tokyo. Publiée sous la forme de plus de cinq cents livres et présentée dans de nombreuses expositions internationales, sa production occupe une place centrale dans l’histoire de la photographie tout en suscitant débats et controverses.
Diplômé de l’université de Chiba en 1963, il débute comme photographe publicitaire chez Dentsu avant d’entamer une carrière indépendante au début des années 1970. En 1971, « Sentimental Journey », réalisé lors de sa lune de miel avec son épouse Yōko Aoki, marque un tournant décisif : la photographie devient un espace autobiographique assumé. Après la disparition de Yōko en 1990, son travail s’inscrit plus explicitement encore dans un dialogue entre Éros et Thanatos, entre vie et mort, faisant de l’image un enregistrement direct du quotidien, du manque et du passage du temps.
Araki revendique une approche instinctive de la photographie : « Je ne pense pas la photographie, je capture l’instant. » Pour lui, l’image n’est pas un outil de documentation mais le reflet de sensations et d’expériences vécues. Cette position nourrit une pratique fondée sur l’immédiateté et la répétition dans le temps, où le geste photographique devient presque quotidien.
Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions majeures, notamment au Tokyo Photographic Art Museum, au Musée national des arts asiatiques – Guimet à Paris, au Barbican Art Gallery à Londres ou encore à l’IZU Photo Museum. Il a également reçu plusieurs distinctions, dont le Prix annuel de la Société de photographie du Japon (1990) et la Décoration autrichienne d’honneur pour la science et l’art (2008).









